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Boîte du jeu À la Gloire d'Odin

Notre critique du jeu À la Gloire d’Odin

Jouons à Patchwork pour la gloire d’Odin !

Fiche du jeu A la Gloire d'Odin

Le groupie

Je l’ai déjà mentionné.  J’adore Uwe Rosenberg.  Le Havre, Caverna, Terres d’Arle et Patchwork sont quelques-uns de mes jeux favoris.  Il va sans dire que lorsque j’ai vu l’annonce d’un nouveau jeu de cet auteur, sous la thématique de Vikings avec du pillage et de l’exploration, j’étais très excité!  En plus, les premières images montraient une boîte immense et remplie de composantes avec un graphisme très alléchant.  Bon est-ce que le jeu a été à la hauteur de mes attentes ? (Parce que ma satisfaction est de toute évidence le souci principal de M. Rosenberg… 😉 )  Ohhh que oui!  Mais avec un petit bémol…

Ce sont les Vikings qui ont inventé Patchwork (et Tetris…)

Caractéristiques du jeu A la Gloire d'OdinCommençons par discuter de la thématique.  Qui n’aime pas les Vikings!?  Bon… probablement tous les peuples qui se sont fait conquérir, piller et opprimer par eux…  Mais plus sérieusement, c’est un thème très attrayant!  Le jeu est beau et représente bien l’époque.  Il y a même une mini encyclopédie qui explique le lien des composantes avec leur usage à l’époque.  C’est très intéressant (et un peu inutile, mais quand même une très belle touche).  Le thème est bien intégré dans les actions aussi.  On a la possibilité de chasser, pêcher, explorer, construire, etc., mais c’est là que vient mon bémol.  En regardant le jeu, on embarque complètement dans le thème.  On se « spécialise » dans certaines actions comme la pêche ou la chasse, mais on se rend vite compte que dans le fond, le résultat de chaque action n’est que de recevoir une forme de pièce à la Patchwork (ou Tetris) pour compléter notre plateau en respectant les règles de placement.  La présentation du jeu et les actions possibles sont pleinement intégrées au thème, mais le résultat de nos actions ne l’est vraiment pas.

Je m’explique.  Dans Terres d’Arle, on élève des moutons.  On peut les manger pour se nourrir ou l’on peut les tondre pour faire des ballots de laines, pour les convertir en vêtement et ainsi les vendre ou s’en servir comme points de victoire.  Dans À la Gloire d’Odin, on peut faire l’élevage d’animaux, chasser, piller, explorer, mais le but n’est que d’aller chercher une pièce en fonction de sa couleur, sa forme et sa dimension.  Pour moi, cette réalisation a complètement brisé l’immersion.  Une thématique à la Patchwork ou de construction de matériaux aurait mieux cadré avec la mécanique principale du jeu. Alors c’est un peu un paradoxe de voir un jeu aussi impreigné du thème de Vikings quand sa mécanique principale ne s’y colle pas du tout.

70 lb de plaisir viking (j’exagère à peine…)

À première vue, le jeu peut en intimider quelques-uns avec cette quantité «astronomique » de composantes.  Par contre, à ma première lecture des règles de ce jeu assez imposant (c’est fou comment il y a de matériel), j’ai eu l’impression que c’était le jeu d’Uwe Rosemberg le plus simple à date (dans la catégorie des gros jeux évidemment…)  Je ne m’étais pas trompé dans un sens, car l’organisation du jeu le simplifie grandement.  Les actions (autant qu’il y en a) sont regroupées par catégorie et par importance.  L’iconographie est simple, claire et très bien faite et il n’y a pas trop de petites règles d’exceptions (sauf peut-être pour ce qui est considéré un succès avec la chasse ou le pillage qui n’était pas trop clair pour moi au départ).  Il y a même 2 boîtes de rangement en plastique fournies avec le jeu  (ça aurait été bien une troisième boîte pour aussi ranger les ressources non transformables comme le bois, la pierre, etc.) qui permet un classement des différentes ressources par couleur/dimension qui suit facilement le concept de transformation de produits.  Vous aurez besoin d’une bonne table pour tout y mettre!  (ce n’est pas le jeu idéal pour apporter en tente-roulotte…)

Présentation du jeu À la Gloire d'Odin

Là où j’avais sous-estimé le jeu n’était pas sur la complexité des règles, mais plutôt sur la complexité d’établir une stratégie optimale pour bien performer.

Présentation du jeu À la Gloire d'Odin Bon… est-ce qu’on va arrêter de parler de Patchwork?

Il faut vraiment voir le jeu comme un Patchwork où l’on place des ouvriers (à la Caverna/Terres d’Arle) pour aller chercher différentes pièces de « puzzle » pour remplir notre plateau de façon optimale.  Il faudra convertir certaines pièces pour respecter les règles de placement en fonction des couleurs et il faudra aussi vendre ou échanger d’autres pièces pour en générer de plus grosses, alors peu importe le chemin, que ce soit par la chasse, la pêche, les pillages ou la reproduction animale le but demeure de regrouper les bonnes pièces pour remplir notre plateau de façon optimale.  Et quand je dis « optimale », c’est vraiment OPTIMAL avec toutes les lettres en majuscule.  Il y a tellement de façon de procéder que ça peut en être étourdissant au début.

Le jeu tourne vraiment autour du placement des pièces sur notre plateau.  On peut les placer sans attendre pour générer du capital ou des ressources rapidement ou l’on peut attendre et s’en servir pour les convertir en des ressources de plus grande dimension ou de couleur différente.  La monnaie qu’on gagne peut être utilisée pour certaines actions, mais on peut aussi s’en servir pour boucher les trous sur notre plateau.   Le nombre de possibilités est vraiment immense.  C’est le fun! 🙂

Les Vikings comptent à l’envers

Il y a un concept que j’aime particulièrement dans ce jeu.  On part avec des points négatifs.  Bon, je vous imagine froncer les sourcils en vous disant « wow » d’un ton super sarcastique… Mais attendez un peu.  Je m’explique.  On commence la partie avec un plateau personnel à remplir avec les différentes ressources.  Ce plateau comporte une majorité de cases avec des « -1 points ».  Donc si on ne les remplit pas, on va perdre des points.  Jusqu’à maintenant, ce n’est pas si révolutionnaire que ça.  Là où ça devient particulièrement intéressant, c’est qu’on peut acheter plusieurs extensions à nos plateaux.  Que ce soit des habitations ou carrément des îles.  Le coût de ces extensions serait très élevé dans d’autres jeux, mais ce n’est pas le cas dans À la Gloire d’Odin.  Lorsqu’on va chercher une extension du plateau, il y a un bon potentiel de point de victoire, par contre, il faut faire le pari de réussir à bien le remplir avant la fin de la partie si non, notre gain potentiel peut se transformer en une perte substantielle!  Ce n’est pas un élément majeur dans le jeu, mais c’est le genre de petits détails qui en fait un aussi bon jeu selon moi.

Présentation du jeu À la Gloire d'Odin

Des Vikings dans l’abondance et plutôt pacifiques

Dans les jeux comme Caverna ou Agricola, on passe une bonne partie de nos tours à « travailler » pour survivre (manger).  Il y a encore ce concept dans À la Gloire d’Odin, mais c’est un peu moins un enjeu majeur dans la partie.  Il se rapproche donc un peu plus de Terres d’Arle sur cet aspect.  Si l’on est moindrement attentif, manger ne devrait pas être un problème.  Pour ce qui est de la dynamique de placement d’ouvriers.  Il y a tellement de choix qu’on est beaucoup moins dans une « guerre féroce » pour l’accès à LA bonne action à faire durant notre tour.  Évidemment, il va sûrement arriver que l’action la plus optimale ait été réservée par un autre joueur, mais c’est beaucoup moins une course à la bonne action que dans les jeux précédents d’Uwe Rosenberg.  Dans le cas d’une partie à 4 joueurs, on ajoute 2 actions qui permettent de copier l’action d’un autre joueur.

Gestion du hasard

Il est peu commun pour Uwe Rosenberg d’utiliser des dés dans ses jeux et je vais vous avouer que ça m’inquiétait un peu de voir deux dés dans la boîte.  Les dés sont utilisés pour déterminer le succès des actions de chasses/pêches et d’explorations.  Certains diront (c’était un peu mon cas) qu’ils n’aiment pas que le hasard intervienne dans leurs actions, mais j’ai trouvé cette facette très bien gérée.  Premièrement, même si l’action n’est pas réussie (en fonction du dé), nous avons quand même une récompense.  Évidemment, la récompense suite à un échec n’est pas aussi intéressante que dans le cas d’un succès, mais un échec ne se traduit pas en une action gaspillée, mais plutôt l’équivalent d’une action non optimale.  De plus, en améliorant nos drakkars et en s’assurant d’avoir une bonne réserve de ressources on peut aussi facilement gérer le niveau de hasard de nos actions.

Alors, on les aime les Vikings?

Laissez-moi vous dire que j’ai adoré À la Gloire d’Odin.  C’est réellement un jeu fantastique qui propose une profondeur de jeu impressionnante.  Je trouve cela fascinant de voir à quel point ce jeu peut être à la fois si complexe et si simple.  Les règles de placements sont claires, les actions possibles sont faciles à comprendre, mais le nombre de possibilités stratégique est immense.  C’est le genre de jeu que lorsqu’on termine une partie et l’on se dit « il faudrait que j’essaie ça la prochaine fois ».  La rejouabilité réside dans le désir de vouloir faire toujours mieux.

Présentation du jeu À la Gloire d'Odin

Contrairement à des jeux comme Orléans, où les choix stratégiques du jeu sont un peu plus définis (je ne veux pas dénigrer Orléans, c’est un jeu que j’adore), dans À la Gloire d’Odin, on fait un peu plus dans la subtilité et  c’est l’un des points que j’adore dans ce jeu.  Par exemple est-ce qu’on fait plusieurs petites actions ou une seule performante (les grosses actions demandent plus de Vikings pour accomplir)?    Lorsqu’on ajoute à l’équation le fait que si l’on fait une action à 3 Vikings on pioche une carte métier supplémentaire et lorsqu’on joue une action à 4 Vikings on peut jouer une de nos cartes, le « timing » de ces actions est très important pour optimiser notre jeu.

Son seul défaut, à mon avis, c’est que le thème choisi ne cadre pas bien avec la mécanique principale.  Sachant cela, c’est un jeu que j’adore et que je recommande fortement aux amateurs de jeu de gestion!

Conclusion de la critique du jeu A la Gloire d'Odin


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